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Un vieux dossier

Le bâtiment était déjà pratiquement vide ce soir-là. La chaleur de l’été avait imprégné les murs toute la journée et le climatiseur ne brassait plus qu’un air moite dans le commissariat de la ville. Quelques officiers s’efforçaient de rédiger la paperasse inhérente aux affaires en cours. Dans un recoin de la grande salle se trouvaient les bureaux de deux inspecteurs, disposés face à face et éloignés des fenêtres.

Georges Travard, la cinquantaine, relisait l’article de presse du matin qui relatait l’arrestation du bien nommé « cambrioleur des retraités », avec un sourire satisfait. Il était en droit de s’accorder ce petit plaisir, après tout, il était responsable de ce succès. Le journal local n’avait pas oublié de mentionner son coéquipier, Franck Halden, avec qui il partage ses enquêtes depuis quelques années.

Les collègues avaient rapidement surnommé le duo Laurel et Hardy. Georges n’était pas foncièrement gros, mais charpenté et sa grosse barbe ajoutait de l’épaisseur à cet ancien joueur de rugby. Franck affichait un physique de marathonien. Un athlète, tout en finesse et au style militaire.

La majorité des cas étaient à l’image de la commune… bizarre. Des histoires qui donnaient à l’endroit cette réputation glauque. Des cas auparavant exceptionnels, devenus réguliers, qui avaient obligé Georges à recruter un second enquêteur à plein-temps pour l’épauler.

Ce dernier termina le rapport de l’affaire précédente et engagea la discussion avec son mentor, non sans être gêné par le sujet à aborder.

— Georges… tu te souviens de l’assassinat de la petite Camille ?

— Tu plaisantes ? répondit-il avec sa voix grave, enrouée par sa consommation excessive de tabac. Comment veux-tu oublier ? Même après toutes ces années, ça marque les esprits.

— Oui, c’est clair. On n’en a pas souvent des comme ça.

— Un vrai cauchemar. Cette pauvre Madame Danguin… perdre sa gosse si brutalement. Le mari avait vraiment perdu la boule.

— Ce fût ma première enquête avec toi, ponctua Franck.

— Et pourquoi cette question ?

— C’est marrant que tu parles de cauchemar… tu vas trouver ça dingue. Figure-toi que j’en ai fait un rêve pendant le week-end et, depuis je n’arrête pas d’y penser.

— Tu as rêvé de l’affaire ? Eh bah mon vieux, je ne voudrais pas être ta femme. Tes nuits doivent être agitées ! Georges ne put s’empêcher de rire.

— Ça va, elle ne se plaint pas, répondit Franck avec un sourire forcé et gêné.

— Et donc, tu cogites ?

— En fait, dans mon rêve, tout se passait à l’identique de l’enquête, sauf que, quelque chose cloche. J’ai l’impression qu’on nous mène en bateau.

— Pourtant, dans la vraie vie, elle a été plutôt simple à résoudre.

— Oui, trop peut-être.

Georges se raidit sur son siège, son visage afficha subitement de l’énervement.

— Tu te fous de moi ?

— Je sais, attends que je t’explique. Le témoin qui signala la présence d’un autre homme ce soir-là dans la maison, tu le remets ?

— Je ne me souviens plus, répondit Georges d’un air détaché.

— Eh bien, crois-moi ou pas, il n’y a plus aucune trace de son témoignage dans le dossier. Le rapport d’autopsie a également disparu.

— Attends, tu es en train de me raconter que tu as rêvé d’une affaire vieille de cinq ans, que ça t’a foutu le doute et du coup tu es allé ressortir le dossier des archives pour vérifier ?

— Oui, c’est sûr que, dit comme ça, ça parait dingue.
Il se retourna, gêné, un des rares collègues présents aurait pu l’entendre.

— Pas qu’un peu oui ! Bon, et te voilà rassuré maintenant ?
Franck hésita, connaissant les réactions parfois incontrôlées de son binôme.

— Pas vraiment si tu veux tout savoir. Je me souviens très bien de sa déclaration de l’époque, comme si c’était hier. Ce qui m’étonne, c’est sa disparition juste après son audition.

— Il a déménagé l’autre bout du pays.

— Tu te souviens finalement ?

Georges grogna et répondit en allumant une cigarette.

— J’ai le mauvais pressentiment que tu ne me dis pas tout. Vas-y accouche.

Franck se pencha en avant et murmura.

— Je l’ai retrouvé, le témoin.

— Quoi, tu… mais de quel droit tu …

— Chut, doucement … les autres !

Franck fit un signe de la tête et désigna les collègues quelques bureaux plus loin. Georges grogna de nouveau.

— Il n’a jamais quitté la région en réalité. Il m’a raconté la soirée, la dispute, le coup de feu et m’a assuré ne pas avoir reconnu le mari.

— Mais il n’a pas non plus reconnu l’auteur du coup de feu.

— Certes. Et la voiture du mari n’était pas garée devant la maison.

— Ça, c’est ce que le mari nous a raconté. On lui a fait avouer qu’il était garé pas loin pour pouvoir revenir chez lui quelques minutes plus tard comme si de rien n’était.

— Eh bien voilà ! Le gars est certain que ce n’est pas le mari qui a tiré. Il le connaissait, ce n’était pas sa carrure, la taille ne correspond pas non plus. Il évoque un gars plus costaud.

— Et tout ça cinq ans plus tard, soupira Georges. Bon, admettons. Que comptes-tu faire ? Le mari est passé aux aveux. Il est en train de croupir au fond d’une cellule depuis des années.

— Je ne sais pas. Je vais peut-être en parler au chef.

— Sur la base d’un rêve ?

— Et s’il est innocent ? Le fait que le dossier ne soit plus complet, je ne l’ai pas rêvé ! Il manque des éléments clés, comme si, quelqu’un cherchait à se couvrir.

— Merde Franck, j’espère que tu ne vas pas faire un rêve sur chacune de nos enquêtes.

— Non pas de souci. C’est la seule que je n’ai pas suivie depuis le début. Souviens-toi, je ne suis arrivé que le lendemain du meurtre.

— C’est vrai ça, le petit nouveau. C’était moi le responsable sur cette enquête. Tu te rends compte que tu vas te foutre dans la merde si tu l’ouvres ? Le chef va gueuler, je ne veux pas être mêlé à ça.

— Tu es mon coéquipier, il va forcément te poser des questions.

Georges parut contrarié, et se frotta la barbe. Il pensa qu’il ne pouvait pas le laisser parler au chef, alors qu’il était lui-même l’inspecteur chargé de l’affaire à l’époque.

— Bon OK. Si tu y tiens. Mais avant d’en parler au boss, laisse-nous reprendre toute l’histoire. Je suis sûr qu’à la fin tu n’auras plus de doute.

À la fin de leur service, les deux hommes rejoignirent le bar du centre-ville, en face de la place et sa halle, à quelques rues du commissariat. Ils délaissèrent la terrasse bondée pour s’isoler à une table dans un recoin de la salle. Ils attendirent que le serveur leur apporte leurs bières puis entrèrent directement dans le vif du sujet.

— On commence ? lança Franck.

Georges acquiesça en trinquant dans le vide avec sa bouteille.

— Allons-y, reprit le plus jeune du duo. 18 Septembre 1987, vous recevez un coup de fil de Madame Danguin.

— Oui. C’est Jeanine, la secrétaire, qui a pris l’appel. Isabelle… Madame Danguin était affolée, sa fille venait de se faire abattre à bout portant.

— Tu es parti sur place immédiatement ?

— J’étais encore au bureau à taper un rapport ce soir-là. Le capitaine ne m’avait pas laissé le choix, je devais le terminer. Alors j’y suis allé le premier, deux officiers sont venus me rejoindre presque immédiatement pour sécuriser la scène de crime.

— Tu savais déjà que ce n’était pas un accident ?

— La mère a tout de suite accusé le mari, et le témoin s’est manifesté dans la foulée.

— Attends une seconde… Madame Danguin accuse son mari dès ton arrivée, elle te dit qu’il a tiré sur la petite ?

— J’avais à peine passé la porte, elle m’a tout de suite balancé son mari. Et le témoin s’est présenté à l’officier qui gardait l’entrée.
— Le mari était où ?

— Envolé. Il s’est barré en courant, on l’a retrouvé le lendemain.

— Il a avoué ?

— Le mari ? Oui.

— Et je suis arrivé le lendemain, pendant l’audition de notre témoin.

— C’est pour ça que tu te poses autant de questions, tu es arrivé après l’audition de la mère de la petite et du mari.

— Puis il y a eu l’autopsie le troisième jour.

— J’y étais.

— Tu n’as pas voulu que je t’accompagne.

— Tu venais d’arriver, je n’ai pas voulu te brusquer.

— J’aurais aimé relire le rapport… qui n’est plus dans le dossier.

— Il confirmait le tir à bout portant. Tu me fais confiance quand même ?

— Oui bien sûr ! J’ai juste l’impression d’avoir été mis de côté sur cette enquête.

— Tu es arrivé alors que les interrogatoires étaient déjà en cours, je ne voulais pas te faire perdre du temps là-dessus, pour que tu puisses t’installer tranquille, voilà tout.

Franck enchainait les bières et relisait les notes de l’époque en silence. Georges l’observait, sa bouteille à la main.

— Mais oui, je sais ! s’exclama soudainement Franck.

— Quoi encore ?

— Il n’y a qu’une seule personne qui aurait pu faire ça sans être inquiété ! Quelqu’un capable de se couvrir, de cacher des preuves, d’influencer un témoin.

— Bordel, tu me fatigues.

— Un flic !

— Tu te rends compte de ce que tu dis ? La bière ne te réussit pas.

— Je suis sérieux !

— Et bourré…

— Non Georges, j’ai les idées claires. Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, je n’ai commandé que des bières sans alcool, répliqua-t-il en lui montrant l’étiquette.

Georges se leva.

— Qu’est-ce que tu fais ? On n’a pas terminé !

— J’en ai ma claque de tes divagations. Il est tard, je rentre dormir.

— Mais on est sur le point de résoudre ce mystère !

— Non Franck ! cria Georges. Il n’y a pas de mystère, rien à résoudre !

Intrigué par la réaction de son partenaire, Franck resta silencieux sur le chemin du retour. Ils avaient parcouru la distance entre le commissariat et le bar à pied. Ils entreprirent donc d’y retourner pour récupérer leurs voitures.

— Il ne faudrait pas que l’on croise un contrôle routier, tu es à coup sûr positif au test d’alcoolémie ! chuchota Franck avant de se mettre à rire.

Sa tentative de détendre l’atmosphère échoua et Georges, qui marchait plus lentement, ne répondit pas. Ils arrivèrent sur le parking du commissariat.

— Bah alors collègue, tu ne dis plus rien ? tança-t-il.

Il voulut se retourner quand il sentit une pression entre ses omoplates.

— Tu es un bon gars, et un bon flic. Si seulement tu n’avais pas mis ton nez dans cette histoire.

— Qu’est-ce que tu…

— Tais-toi.

Franck comprit que son collègue pointait son arme dans son dos et il réalisa que la situation était plus dense qu’il ne le pensait et désormais, potentiellement sans issue.

— Ça tombe bien que tu n’aies pas beaucoup bu. Tu vas conduire, on prend ta voiture.

— On va où ?

— Tais-toi, je vais te guider.

Franck suivit les ordres et Georges se glissa à l’arrière du véhicule.

La ville n’était pas grande et ils furent rendus à destination en à peine dix minutes. L’itinéraire imposé par celui qui était désormais un preneur d’otage semblait être pensé pour ne pas être direct et certainement brouiller les pistes d’une éventuelle future enquête.

L’entrepôt désaffecté des anciennes usines à ciment FARGOT était impressionnant par sa taille. Georges obligea son otage à ouvrir le portail métallique afin de cacher la voiture à l’intérieur. Il indiqua un escalier, puis un couloir et enfin le bureau de l’ancien directeur. Les pièces étaient restées meublées. Les tables, les fauteuils et les armoires semblaient intacts comme si les employés avaient fui les lieux la veille. Cela faisait pourtant deux ans depuis la faillite du groupe américain et aucune offre de reprise n’avait été présentée au grand dam du maire qui perdait tout espoir de préserver les emplois. Depuis, les bâtiments étaient devenus le territoire des graffeurs et de quelques drogués.

Il prit soin de menotter son binôme désormais assis face à lui. Le silence emplit la pièce, les deux hommes se fixèrent quelques minutes jusqu’à ce que Georges allume une cigarette.

— Tu te demandes si elle était dans le coup, n’est-ce pas ?

— Franck écarquilla les yeux et acquiesça d’un léger geste de la tête.

Au même moment, la porte s’ouvrit derrière lui. Il reconnut la démarche d’une femme. Le claquement des talons sur le béton s’approchait par l’arrière. Il ne pouvait pas se retourner pour la voir, mais devina que Madame Danguin, se tenait là, spectatrice.
Son ravisseur s’avança et Franck pensa que son heure était venue, jusqu’à ce que Georges le libère de son attache.

— Pourquoi me libères-tu ? Tu vas me tuer n’est-ce pas ?

— Non, tu as tout faux.

— Alors pourquoi cette mise en scène ? J’ai découvert que tu es impliqué. Je peux te faire tomber pour entrave à la justice, destruction de preuves …

— Isabelle, veux-tu lui expliquer ? interrompit Georges.

— Marc, mon mari n’a pas tué ma fille. S’il est bien coupable d’une chose, c’est d’avoir été un mauvais mari, violent, et un mauvais père. Mais il n’a pas tué Camille.

La femme passa devant lui. Franck découvrit une femme aux cheveux longs, aussi noirs que ses yeux. Sa voix était d’un calme qui contrastait avec la situation et sa propre fébrilité.

— C’était effectivement ma conclusion, tenta Franck.

— Tu penses que c’est moi, n’est-ce pas ? s’enquit Georges.

Mais Franck préféra garder le silence et garda le regard rivé sur son coéquipier comme cherchant la vérité dans ses yeux.
Madame Danguin s’avança à son tour et posa sa main sur l’épaule de Georges.

— Ça va, je vais lui raconter.

Il soupira, comme désarmé par la douceur de cette femme. Il recula d’un pas et enchaina avec une nouvelle cigarette.

— Ce soir-là, mon mari est rentré à la maison. Comme chaque fois, il avait bu. Et comme tous les jours, il était énervé après son patron, car il n’avait pas atteint ses objectifs de vente. Ce n’était pas de sa faute bien sûr. Il se considérait comme le meilleur de la boite et il rejetait la faute sur son supérieur qu’il soupçonnait de vouloir le virer. Alors quand il était là, il se déchargeait sur moi. Même si elle ne comprenait pas tout, Camille était une fille intelligente. Elle savait que son papa me faisait du mal, et elle ne supportait pas ça. Elle me l’avait dit. Elle lui avait dit aussi, mais heureusement, il ne la touchait pas. Il aimait sa fille, à sa façon. Quand il était en colère après elle, il me battait moi. Car je devais mieux l’éduquer. Lui était au travail pour nous faire vivre et payer les factures, vous voyez le modèle.

Elle marqua une pause, comme momentanément submergée par un chagrin irrépressible. Franck resta sur sa chaise. Il aurait pu s’échapper, mais l’histoire le captivait, il sentait la sincérité dans sa voix, et commençait à réaliser qu’il avait effectivement tout faux. Elle continua.

— Camille s’en voulait, elle ne supportait plus que son père me frappe par sa faute. Ni pour toute autre raison d’ailleurs. Elle savait qu’il cachait une arme à feu dans la chambre. « Papa arrête de taper sur Maman ! » cria-t-elle. Elle braquait l’arme vers son père. Je vous laisse imaginer sa colère en voyant sa fille le menacer avec son arme. Il se retourna vers moi « alors c’est ça, tu veux que ma propre fille me tue ? ». Quand il leva la main sur moi, Camille … le coup n’est pas parti, elle ne savait pas s’en servir et n’avait pas retiré la sécurité. Il se jeta sur elle pour le reprendre, mais le temps de traverser la pièce elle …

— Elle s’est tuée avec l’arme de son père, termina Franck.

— Georges est un ami de longue date, il m’a aidée.

Ce dernier s’avança vers son collègue.

— Désolé pour la mise en scène, tu t’en remettras.

— Mais, et toi ? Quel est ton rôle alors ?

— Si je n’avais pas maquillé l’histoire, il aurait été disculpé et serait rentré tranquillement chez lui. Il devait payer.

— C’est pour ça que tu as volé le rapport de l’expert.

— Oui, certains détails auraient pu mettre la puce à l’oreille d’un inspecteur un peu trop malin.

— Et le témoin ?

— Il n’était pas sur les lieux. C’était un poivrot que j’ai payé pour qu’il raconte une histoire. De toute évidence, quand tu lui as parlé, il en avait déjà oublié une bonne partie. Pour ce qui est de la voiture, elle était plantée depuis le début, Marc était déjà bien bourré et s’est encastré un arbre comme un grand.

— Merde, j’étais persuadé que …

— Que j’étais dans coup ?

— Tu croyais vraiment que j’allais te tuer ? Mais je ne peux te laisser partir sans avoir l’assurance que tu garderas cette affaire secrète. Isabelle a suffisamment souffert. Il doit rester en taule.
Franck se leva et se dirigea vers lui. Face à face, les deux inspecteurs se serrèrent la main franchement.

— Je te le promets, assura Franck.

Le lendemain soir, les deux hommes se retrouvèrent au bar, comme pour exorciser les évènements de la veille. Franck semblait préoccupé et Georges l’interrogea.

— Bon, tu vas dire ce qui ne va pas ou je dois te tirer les vers du nez ?

— Comment n’ai-je pas pu voir ça à l’époque, lâcha Franck exaspéré.

— Tu n’avais pas tous les éléments.

— Oui, mais quand même, j’aurais pu m’en rendre compte.

— Alors, dis-toi que tu n’avais pas encore ton œil d’expert, plaisanta Georges.

— Ça doit être ça.

— Mais il y a encore quelque chose qui te chiffonne.

— Je sais que tu me dis la vérité, je te fais confiance.

— Même après ma petite mascarade d’hier ?

— Eh bien, pour te faire pardonner, peut-être pourrais-tu m’avouer… que Mme Danguin et toi étiez plus proches que tu veux bien le dire ?

— Tu ne lâches rien toi. C’est pour ça que j’aime travailler avec toi.

— Camille était ta fille n’est-ce pas ?

Il n’y eut aucune réponse à cette question, Georges eut un léger rictus gêné.

— Mais pourquoi ne pas être intervenu pour aider sa mère ?

— C’était son choix. J’étais déjà marié et père quand … alors il y a eu un deal. Il prenait soin de ma fille. Pour le reste, je devais fermer les yeux, sinon il racontait tout à ma femme.

Le serveur les interrompit :

— Inspecteur Travard ?

— Oui, c’est pour quoi ?

— Un appel pour vous, dit-il indiquant le téléphone du bar.

Les deux hommes se regardèrent, étonnés, puis Georges s’absenta pour prendre la communication.

— Le boss connaît bien nos habitudes ! s’exclama Franck à son retour.

— Nous avons une nouvelle affaire.

— De quoi ça parle ?

— Un psychiatre retrouvé mort à la clinique du Lac, avec toute l’équipe du service psychiatrique. La seule survivante semble avoir perdu la tête. Elle accuse un certain Gabriel, un démon !

— Nous voilà repartis pour une histoire glauque alors !

— Ouais, cette ville est vraiment bizarre.

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