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Le paquet piégé

Ce texte est le résultat d’un exercice en formation d’écriture axé sur les dialogues. La consigne : commencer obligatoirement par la phrase “Je crois que c’est un paquet piégé”. Suivez les aventures d’une jeune femme et d’un vieux professeur enfermés dans une crypte plein de secrets !

— Je crois que c’est un paquet piégé.

— Possible en effet, répondit Albert en se frottant le bout de sa moustache.

— Qu’en pensez-vous professeur ? demanda Aude.

Le vieil homme observa attentivement autour de lui, et répondit.

— Nous sommes enfermés dans cette crypte, j’imagine que nous n’avons pas le choix.

— Alors notre salut se trouve peut-être dans ce petit paquet.

— Ou notre fin…

— Albert s’il vous plaît ! On va procéder par étape en restant calme.

— Bien sûr ! Une boîte, dans un tombeau censé être fermé depuis des siècles, vous avez raison, restons optimistes, nous n’allons pas mourir ici, conclut-il en surjouant l’ironie de la situation.

— Très bien, reprit-elle. Nous avons donc un paquet de petite taille, disons quarante centimètres de long, sur autant de large et cinquante de hauteur, emballé dans du papier journal jauni, apparemment anglais, fermé avec une fine corde en coton.

— Un véritable cadeau de Noël !

— Je commence par défaire le nœud.

— Faites bien attention à ne pas tirer trop brutalement.

— Faites-moi confiance.

Une goutte de sueur perla sur le front du professeur Rembrandt qui s’éloigna et préféra observer les gravures sur les murs.

— Bien, voilà pour le nœud, ensuite je fais glisser la ficelle pour libérer le tout.

— Qu’est-ce que vous faites maintenant, mademoiselle Field ?

Un instant de silence rendit le vieil homme mal à l’aise, puis il s’impatienta.

— Aude, pour l’amour du ciel, répondez-moi !

— Venez m’aider, Professeur.

Le vieil homme se raidit.

— Comment ?

— Vous m’avez très bien entendue ! Je n’ai besoin que de vos mains.

— Il est hors de question que je touche à ça ! Voyons, je tremble comme une feuille ce n’est pas raisonnable.

— Ce n’est pas important, il faut juste que vous retiriez le papier au moment où je soulève le paquet.

— Non, non, non hors de …

— Albert ! Le temps passe et si vous ne m’aidez pas vos mains vont définitivement arrêter de trembler ! Que penserait votre épouse en vous voyant ?

Le professeur fit une grimace. Elle venait de toucher un point sensible. Il se résigna à apporter son concours à la délicate intervention.

— Je ne pense pas que nous ayons le temps tergiverser, vous avez raison.

— Allez à trois je lève le paquet et vous tirez délicatement le papier.

— D’accord.

C’est partis, un, deux …

— Attendez, attendez, à trois je tire ou à trois vous levez et je tire. Ce qui voudrait dire que retire le papier à quatre ?

La jeune archéologue souffla pour évacuer sa colère et reprit calmement.

— À trois je lève, et à quatre, si vous le voulez bien, vous retirez l’emballage.

— D’accord, très bien.

Vous êtes sûr cette fois on ne s’arrête pas.

— Oui, c’est la bonne.

— Un, deux … « S’il parle je lui arrache sa moustache », trois, je lève, quatre, vous tirez doucement.

Il tira lentement le papier journal qu’il tenait à peine par les coins et prit soin de le déposer sur le côté comme s’il risquait exploser.

— Parfait Albert, vous voyez c’était simple !

L’homme ne répondit que par un petit grognement.

— Il n’y a pas de ruban adhésif, je peux ouvrir le couvercle.

La tension était à son comble. Le professeur Rembrandt plaça une de ses mains devant ses lunettes, tout en gardant un œil ouvert et les doigts suffisamment écartés pour découvrir le contenu.

— Une autre boîte ? s’exclama-t-il surpris.

— Oui, mais pas n’importe laquelle. C’est une …

— Une boîte à secret !

— Tout à fait professeur. Une authentique boîte à secret Japonaise, certainement très ancienne. Tout me laisse à penser que quelqu’un veut jouer avec nous.

— Jouer ? Quel esprit imbécile trouverait cela plaisant ?

— Réfléchissez Albert, nous nous sommes retrouvés enfermés dans ce sanctuaire, depuis l’extérieur. C’était un piège à l’évidence.

— À l’évidence…

— Le paquet était disposé de façon à ce que nous le trouvions immédiatement, n’est-ce pas ? Il n’est pas, à proprement dit, piégé, mais pour pouvoir sortir, il nous faut résoudre l’énigme de cette boîte.

Le vieil homme le leva les bras au ciel et s’empressa de triturer sa moustache d’un air satisfait et soulagé.

— Nos vies ne sont donc pas en danger !

— Je ne préfère pas tirer de conclusion hâtive.

— Vous oubliez une autre question, ma chère.

— Laquelle ?

— Qui ? Qui s’amuse avec nous ?

— La réponse se trouve certainement là dedans, dit-elle en désignant l’objet.

Les deux associés d’infortune prirent le temps de la réflexion, chacun de leur côté. Aude s’installa plus confortablement, assise à même le sol froid et observa la boîte cylindrique pendant qu’Albert continuait l’inspection de leur cellule de pierre.

— J’ai déjà eu à faire à ce genre de mécanisme, il y a toujours une logique.

Elle poussa, tira, décala et tourna différents éléments en bois. Clac ! Le bruit émis par la boîte fit sursauter le professeur.

— C’était quoi ?

— Je crois que j’ai ouvert quelque chose.

— Vous croyez ou vous en êtes certaine ?

— Regardez par vous-même.

Elle lança l’objet au professeur qui le rattrapa de justesse de ses mains moites.

— Mais vous n’êtes pas bien ! Ce peut-être dangereux, si je l’avais laissé tomber.

— Et vous l’avez attrapée. Regardez les inscriptions. Les pièces en surface se placent comme un puzzle. Une fois en place, elles forment un dragon et un mécanisme s’active. La boîte s’est ouverte de chaque côté et… Clac !

Elle n’eut pas le temps de terminer son exposé qu’un second claquement se fit entendre. Le professeur cria d’effroi.

— Mes doigts ! Mes doigts !

— Arrêtez de bouger et montrez-moi.

Il tendit ses mains vers elle. Ses index étaient tous deux prisonniers de la boîte.

— Je n’aurais pas osé faire cela, vous êtes courageux professeur.

— Ah bon ?

Aude s’avança vers lui et se pencha sur l’objet.

— Disons que la curiosité a du bon. En insérant vos doigts dans la boîte vous avez libéré la protection et maintenant…

Aude souleva la partie supérieure qui s’ouvrit, dévoilant un nouvel objet.

— Oh mon dieu, dites-moi que je ne me suis pas sacrifié pour une autre boîte.

— Non, rassurez-vous, c’est un message.

— Bien ! Et maintenant comment je me libère de cet odieux piège à doigts ?

— Je ne sais pas professeur, je vous laisse chercher, je vais lire le texte qui va peut-être nous faire sortir d’ici.

— Mais comment… non ! Aude vous n’allez pas me laisser comme ça !

Pendant que le professeur secouait ses mains dans tous les sens, Aude se crispa à la lecture du parchemin. Elle se retourna, attrapa vivement les mains d’Albert, referma la boîte, ce qui libéra immédiatement le pauvre homme.

— Pour l’amour du ciel, pourquoi n’avez-vous pas fait ça plus tôt ! dit-il dans un mélange de surprise et de soulagement.

— Je crois que nous sommes en danger Albert.

— Bien sûr ! C’est ce que je pense depuis que je suis enfermé ici avec vous.

— Non, pas ce danger-là. Tenez, lisez par vous-même.

Il ajusta ses lunettes et fit des grimaces comme si les mots sur le papier n’avaient pas de sens pour lui.

— Aude, soyons sérieux, ce charabia ne veut rien dire de cohérent.

— Enfin professeur, bien sûr que si !

Elle reprit le papier et lu à voix haute.

« Dans le tombeau du grand Hantché, le temps compté ne sera jamais,
À ceux qui son corps bafouez, vandales, la Mort vous risquez.
La flèche dans le cœur de la bête entrera, et la lumière providentielle vous sauvera.»

— Je ne suis pas certain que le texte soit… attendez !

Le professeur sembla avoir une idée, mais eut besoin de triturer sa moustache pour organiser ses idées. Puis il se dirigeât vers un mur et reprit.

— J’allais plaisanter sur l’authenticité du texte qui aurait très bien pu être une plaisanterie, mais, venez voir Aude.

— Il est vrai que le texte semble avoir été écrit après l’époque du Roi Hantché. Son corps ne se trouve plus dans ce tombeau. Il semble avoir été déplacé, il y a plusieurs années, une décennie au moins. On l’aurait remplacé par ce paquet, une boite avec une énigme ?

— Non je ne pense pas. L’enigme est très récente, elle nous était destinée. Mais elle nous dévoile le secret de la crypte qui lui est bien d’époque.

Le professeur Rembrandt retira une pierre du mur gravée d’une flèche et alla l’insérer quatre mètres plus loin, dans un trou aux dimensions étrangement identiques. La gravure finale représentait ainsi une bête ressemblant à un loup-garou, désormais affligé d’une flèche dans le cœur.

Rien ne se passa et Aude soupira.

— J’aurais espéré un résultat !

Alfred, frustré, tapa du poing sur la pierre, qui s’enfonça entièrement dans le mur et déclencha l’ouverture d’un passage.

— Bravo professeur ! s’exclama-t-elle.

L’homme rajusta ses lunettes et afficha sa fierté d’un léger sourire.

— Je vous propose que nous sortions d’ici ma chère.

— J’accepte avec plaisir cher professeur.

Ils s’avancèrent courbés pour ne pas heurter le plafond qui ne leur permettait pas de se tenir debout. Aude sortit son téléphone et activa la torche. Le boyau sous terrain semblait descendre encore plus dans les profondeurs, sans aucune trace d’issue.

Plusieurs minutes plus tard, l’espace devint plus généreux et une lueur leur redonna le sourire.

— Nous approchons de la sortie Aude, enfin libre !

Mais la jeune femme garda le silence, et ne se permit pas de se réjouir.

— Je n’en suis pas convaincu. Attendez un peu.

La lueur s’intensifiait à mesure qu’ils progressaient. Le tunnel déboucha enfin dans une grande pièce. Aude s’empressa d’attraper son briquet à essence et alluma une à une les torches disposées à intervalle régulier sur les murs. Les flammes se reflétèrent dans des boucliers en argent et des coupes d’or comme autant de dansants des flammes sur les surfaces brillantes. Face à eux deux statues semblaient monter la garde d’une grande porte en bois massif.

— Hantché avait des trésors, mais je ne m’attendais à autant de richesse pour un Roi de cette classe, s’exclama le professeur Rembrandt.

— Alfred, regardez, la porte n’est pas verrouillée.

— On y va à trois ou à quatre ? demanda-t-il.

Aude esquissa un sourire et commença à compter :

— Un, deux …

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Micas Marie-Noëlle
Micas Marie-Noëlle
5 mois il y a

Tenue en haleine et envie de lire plus vite pour connaître la finalité ! J’adore la touche humoristique et comme je te l’ai précédemment écrit, l’intrigue te va comme un gant ! Petit bémol sur l’enchaînement des dialogues qui auraient mérités d’être développés avec, à mon propre avis, des descriptions des expressions physiques et mimiques des deux personnages. Tu progresses beaucoup et on ressent la confiance que tu prends dans notre lecture ! Bravo !

Laurence BERRY-BRISSON
Laurence BERRY-BRISSON
5 mois il y a

J’aime le climat des grottes à la Indiana Jones ! Avec l’humour qui s’en dégage, c’est très sympa à lire ! Bravo !

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