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Chronique Jeu Vidéo : Death Stranding

Mise à jour : Death Stranding sortira sur PC le 14 Juillet 2020. Disponible sur STEAM et EPIC Game Store. Pour rappel il est disponible sur PS4 depuis le 08 Novembre 2019.

En attendant ma prochaine nouvelle, j’ai envie de faire un petit article sur ce qui restera certainement comme ma plus belle expérience vidéo-ludique.

Les jeux vidéo ont toujours été une grande source d’inspiration pour moi. Ce sont des œuvres culturelles à part entière qui n’ont rien à envier au cinéma. Parfois, au milieu des grosses productions purement commerciales et des suites annuelles à n’en plus finir, apparaît un ovni vidéo-ludique, comme un film d’auteur.

C’est le cas de Death Stranding, crée et produit par Hideo KOJIMA, avec un casting de folie (Norman Reedus, Mads Mikkelsen, Léa Seydoux, Margaret Qualley, Guillermo del Toro, Tommie Earl Jenkins, Lindsay Wagner) et qui nous propose une aventure qui ne m’a pas laissé indifférent.

Le casting cinq étoiles de l’aventure Death Stranding

Je ne vais pas parler ici de jeu vidéo comme un test de magazine spécialisé, mais de mon ressenti durant cette expérience, sans spoiler, autant que possible 🙂

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai terminé l’histoire principale, après 80 heures manette en main. Et une chose est sure, je suis loin d’en avoir fini avec Sam Porter Bridges, ce héros qui ne veut pas en être un.

Si vous connaissez l’univers du “JV”, vous avez peut-être entendu le nom de Hideo KOJIMA pour ses précédentes productions, notamment la série des Metal Gear ou encore le très flippant P.T. Il est loin d’être un débutant, bien au contraire, il est considéré comme l’un des parrains de l’industrie. Et son dernier titre a tout d’une grosse production AAA. Là où ce jeu est différent, outre son concept, c’est la motivation de son créateur. 

Hideo KOJIMA

J’ai visionné plusieurs interviews de KOJIMA pour comprendre sa vision et comment cet homme pense. Forcément, au premier abord, on pourrait penser que le thème de “sauver le monde” a été vu des centaines de fois. Et pourtant nous avons ici la preuve qu’il reste encore de la place pour de nouvelles idées !

Death Stranding vise à faire réfléchir sur l’importance des connexions humaines. Lorsque nous sommes connectés, nous avons une responsabilité les uns envers les autres, prendre soin des autres fait du bien.

Hideo KOJIMA (BBC)

L’univers se propose après une catastrophe planétaire, annonciatrice de la fin du monde, rien que ça. Nous devons transporter des marchandises d’un bout à l’autre des anciens Etats-Unis pour reconnecter les gens, reconnecter les villes et étendre le nouveau réseau qui permettra de tous les réunifier.

La différence se trouve dans le fait que cette aventure solo, est indirectement connectée aux autres joueurs et à leur propre aventure. On joue seul, mais on retrouve les infrastructures construites par les autres qui nous aident dans notre aventure, tout comme nos propres constructions sont également affichées aux autres. Un pont permettra de franchir un fleuve, une échelle aidera à grimper une montagne ou encore un avertissement bien placé avertira de la présence de terroristes. C’est un système d’entraide qui, comme le souhaitait l’auteur, part d’un besoin égoïste pour devenir une stratégie de groupe.

Nous en arrivons donc à l’émergence d’une alliance d’Homo Ludens, ce qu’explique très bien Hideo KOJIMA :

Nous sommes les Homo Ludens (ceux qui jouent).

Au moment où nous entrons dans ce monde, nous inventons instinctivement des manières de nous amuser et partageons nos inventions avec ceux qui nous entourent. On ne nous demande pas de le faire et nous n’avons pas non plus de raisons de créer. C’est simplement ce que nous sommes.

Nous nous rencontrons et entrons en compétition. Nous rions ensemble, pleurons ensemble, tout cela en jouant ensemble. Nos expériences nous lient et nous libèrent. Pour partager nos expériences les plus précieuses, nous créons des histoires, inventons des outils et faisons évoluer l’art du jeu. Le jeu est notre allié depuis l’aube de la civilisation.

Même si la Terre était dénuée de vie et réduite à des terres abandonnées et stériles, notre imagination et notre désir de créer survivraient – au-delà de la survie, cela apporterait l’espoir qu’un jour les fleurs pourraient éclore à nouveau. A travers l’invention du jeu, de nouvelles évolutions attendent.

Hideo Kojima – Premier message de KOJIMA PRODUCTIONS

Créer du lien dans un monde de solitude

Autre point marquant dans cet univers, et part intégrante dans le scénario : les liens entre les personnages. KOJIMA semble ici afficher ce qui pollue notre société hyper connectée moderne. Le parallèle est bien tourné, notre capacité à construire des murs dans la vie réelle, pour être tous enfermés dans notre petit confort, est brisée par la logique du jeu où il faut créer du lien pour avancer, connecter les villes des UCA (United Cities of America / Villes Unies d’Amérique).

Le personnage principal, Sam Porter Bridges, que l’on incarne tout le long du jeu, est un adepte de la solitude. Son histoire veut qu’il en ait fait le choix par le passé, et de sa propre initiative il s’est détaché de ses proches. On sera donc en permanence en contradiction avec cette envie, si l’on souhaite parvenir à reconnecter les gens, il faudra le faire soi-même.

Nous nous sommes habitués à l’individualisme et construire des murs. “Death Stranding” est un nouveau type de jeu dont l’objectif est de reconnecter des villes isolées et une société fragmentée

Hideo KOJIMA (Twitter)

Un scénario renversant

Et oui je ne le cache pas ! Sans vouloir raconter l’histoire au risque de gâcher la surprise à ceux qui souhaitent y jouer, j’ai terminé l’aventure avec un boite de mouchoirs en papier ! Le jeu est plein de bonnes intentions dans ses comparaisons et métaphores avec notre société, et surtout, il s’appuie sur une histoire et des personnages qui m’ont ému au plus haut point !

Sam, le personnage que nous “jouons”, découvre des éléments clés de l’histoire au travers de flash-back à chaque connexion avec un bébé placé dans une capsule. Le BB pour “Brise Brouillard” ou “Bridge Baby” en version originale, est utilisé comme un outil permettant de voir les échoués, sorte d’âmes coincées dans le monde des vivants qui cherchent à vous attirer dans celui des morts.

Sam fera équipe avec un bébé ou encore BB pour “Brise Brouillard”

Là où le génie scénaristique de KOJIMA opère, c’est que nous comprenons que tardivement les liens qui unissent tous les acteurs, de Sam et son bébé, auquel il s’attache sachant qu’il devra s’en séparer. Cliff, un des antagonistes dévoilera son identité et le lien qui l’unit à Sam, Bridget, la présidente du nouveau pays en reconstruction et ses multiples facettes.

Je ne peux pas en dire plus au risque de dévoiler des éléments de l’histoire.
Death Stranding est une expérience unique et incomparable, qui aura été clivante dans les médias et chez les joueurs par sa singularité et son gameplay particulier. Toujours est-il qu’il restera pour moi une référence et probablement, la plus belle aventure vidéo ludique que j’ai pu vivre.

*** Crédits ***
Images
Playstation.com
En savoir plus : Death Stranding sur Playstation.com

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